Cuttle Feesh




Ça y est, c’est fait, j’ai terminé ma nouvelle pour l’AT Vampire malgré lui. Son titre est donc Cuttle Feesh. Le nom du personnage principal.


Pour vous en parler un peu plus longuement, c’est une nouvelle SF. (Mon premier texte du genre !) J’ai souhaité lui donner un côté un peu désuet type science-fiction des années 50. Je n’ai pas pu m’empêcher de glisser un tas de références personnelles sous forme de clin d’œil. Je ne sais pas encore ce que cela donne au final. J’attends avec impatience les retours des premières bêta-lecture sur la mare aux nénuphars !


En tous cas, je me suis éclatée à l’écrire. Je l’aime bien mon Cuttle Feesh. Premièrement parce que son nom sonne à mon oreille comme celui d’un détective à l’ancienne mode. Deuxièmement, parce qu’il est un brin désabusé.
Je ne sais pas si cette nouvelle passera la barrière des sélections. Mais en tous cas, c’est un texte que j’assume totalement. Heureuse je suis !

La page témoin

C’est suite à une conversation sur le forum Cocyclics, que j’ai eu l’idée de vous écrire cet article. Depuis peu, nous discutons sur un sujet nommé « Les premiers gazouillis du bébé texte ».
Avec cette question en introduction :
Quelle est la première chose que vous mettez en place quand vous attaquez une histoire ?

Et voilà en gros le contenu de ma réponse :
Pour moi, ce qui vient en premier, et c'est devenu un rituel, c'est de me mettre devant mon traitement texte, et de décrire un seul détail de mon univers.
À fond, mais quand même avec une limite d'une page.
Cela donnera la couleur de tout mon roman, ou de toute ma nouvelle. Parce que j'agis comme ça pour chacun de mes textes. Quand je parle de couleur ce n'est pas pour rien. Je mets en place les nuances de mon bouquin. Tant au niveau visuel, qu’olfactif et sonore.
A partir du moment où j'ai écrit cette page, ma vision des choses change. Un peu comme si je chaussais des lunettes à verres colorés. Par contre cette page, ne sera jamais intégrée dans mon roman à bêta-lire. En gros c'est mon prologue personnel. Et je m'en sers ensuite dans toutes mes scènes pour rester dans le ton. 

Suite à cela j’ai eu pas mal de remarques ou de questions concernant cette technique. Et je me suis dit que du coup cela pourrait être sympa de publier quelques-unes de mes pages témoins. Histoire de tenter de vous faire entrer dans mon univers.
Donc voilà, je vous présente la page témoin de mon projet actuel. C’est un peu long, il ne s’agit que d’une description mais elle est sensée représenter le ton et la couleur de mon roman.



Callinas étendait son dos de tuile sous les premières gouttes de pluie de l'orage. Hérissée de tours de béton depuis les années 60, la ville était surtout formée d'amoncellements de maisons d'ouvrier aux toits d'ardoise et de pierre volcanique. Toutes avec les mêmes murs crépis sur lesquels la rouille dessinait des zébrures orangées plutôt sinistres.
Ainsi donc, l'étrange cité ressemblait à une sorte de dragon au ventre tigré. Ses écailles se réveillant sous la moindre averse. L'image n'avait rien de poétique, la ville grondait, crachait des fumées noires aux relents âcres, semblant vouloir étouffer les humains qui l'habitaient. Au centre battait son cœur, plus noir que tout le reste de son architecture, tendant ses flèches vers le ciel comme des épines empoisonnées : Notre-Dame de Pytanie.
Au milieu de la brume s'élevant du goudron tiède, la présence de la cathédrale prenait alors tout son sens. Il n'existait plus de frontières entre elle et le reste de la cité. Finalement, un malaise sourd s'emparait de vous. Était-ce bien de l'eau qui tombait des nuages ? En tendant les mains pour y recueillir quelques gouttes il n'y avait aucun doute, il s'agissait bien d'une pluie des plus banales.
Et pourtant, en les regardant fondre sur la ville on croyait voir des gouttes d'encre de chine teinter la ville et le paysage tout autour. Il n'y avait plus de vertes montagnes, mais de grosses bosses grises apparaissant de temps en temps entre deux rubans de brume. Plus de nuages, mais une masse exagérément opaque qui combattait le soleil.
En vous approchant alors des murs de la cathédrale la peur finissait de vous saisir, les gargouilles n'étaient-elles pas en train de sourire et de se gaver de ce liquide contre-nature ? Le temps d'un souffle, il vous semblera bien que si. Mais le temps d'y penser l'averse passera. La brume s'effacera en un spectacle ravissant, enlevant son voile translucide sur le paysage tout autour. Rendant aux montagnes leur verdure ahurissante et à la cathédrale son étrangeté dans cette ville redevenue calme.


 
Alors attention, vu que cet extrait ne sera jamais dans mon roman, il manque de cohérence je pense. Surtout au niveau concordance des temps. Mais je le garde tel quel parce qu’à moi il me parle. Et pour le coup, c’est l’essentiel. Vous avez donc pu lire, si vous en avez eu le courage, une sorte de genèse de mon roman. Il n’y a pas d’intrigue. Ici seules comptent l’ambiance et les couleurs.
En espérant que cela aura pu vous en dire plus sur mon univers !

L'enfant de nulle part de Roger Zelazny



Je n'ai pas lu beaucoup de roman sur le thème des changelins qui m'aient réellement convaincu. Si ce n'est Madouc de Jack Vance. Et bien en voilà un deuxième sur ma liste de favoris.
Bon pour tout vous dire Roger Zelazny fait partie de ces auteurs en qui je porte une confiance aveugle. Je sais que je ne serais jamais déçue par ses écrits. Et bien plus que le fait de ne pas avoir été déçue là je peux dire clairement que j'ai été totalement envoûté par ce cycle de « L'enfant venu de nulle part ».

Pour ceux qui ne serait pas très versés en mythes et légendes je dois d'abord vous dire en quoi consiste ce fameux mythe.
Le changelin est un enfant-fée à l'origine que l'on échange contre un enfant humain pour diverses raisons aussi nombreuses que puissent en produire notre imagination.
Et donc ce mythe est à la base de ce superbe roman.
A la suite d'une bataille, on décide d'emmener l'héritier d'un mage noir dans le monde contemporain pour l'échanger contre un enfant que l'on apporte dans la dimension magique.

Jusqu'ici rien de bien fabuleux, si ce n'est que cet échange devient un prétexte pour aborder un autre grand thème. Le combat de la magie contre la technologie. L'art contre la science. Alors là je serais un peu moins enthousiaste. J'ai trouvé le trait un peu gros voire un peu forcé. Et les événements qui en découlent m'ont semblé eux aussi un peu traités par dessus la jambe.

Mais ce n'est pas si grave, puisque dans la deuxième partie de ce cycle « L'enfant venu de nulle part » appelé Franc Sorcier les aventures ainsi que l'arrivée de nouveaux personnages d'une épaisseur vraiment appréciable nous font oublier le manque de relief de certains autres.

Si vous avez envie de magie, d'aventure n'hésitez pas foncez ! On est jamais déçu par Roger Zelazny.

Au sortir de l'Ombre de Syven

Avec un « O » majuscule.

Bon que les choses soient claires, si j’ai acheté et lu ce livre, c’est pour deux très bonnes raisons.
La première c’est que j’en avais entendu parler en termes élogieux sur la mare au nénuphar.
La deuxième, c’est que je me souvenais avoir suivi le blog de maman-les-mains-dans-le-caca de l’auteur (je ne peux pas mettre de « e » à auteur, désolée, j’y arrive pas !), Syven. J’avais adoré le ton avec lequel elle s’exprimait. Je me suis toujours dit que quelqu’un qui écrivait son quotidien de cette façon, ne pouvait pas écrire de mauvais livre.

Oui, je savais que je n’allais pas tomber sur un livre de « bonne femme ». Autant vous le dire, je ne suis pas très romance, voire même pas du tout, du tout. Et oui pour moi les romances c’est de la littérature de « bonne femme ».

Donc je me suis plongée dans l’Angleterre victorienne que m’a présentée Syven. J’y ai aimé l’ambiance, un peu à la « Jonathan Strange & Mr. Norell ». Oui bon l’Angleterre quoi ! J’ai un peu tiqué sur certains virages scénaristiques mais pas de quoi fouetter un chat !
J’ai adoré les Gothans, et je ne vous en dirais pas plus sur eux, il va falloir lire pour les aimer vous  aussi !

Même si ce n’est pas ce que l’on appelle un « coup de cœur », cette lecture m’a fait du bien. J’en avais un peu marre d’aller de déceptions en déceptions dans mes lectures, et là mon appétit de lectrice a été assouvi.

Donc si vous aussi vous en avez un peu marre de la littérature fadasse, que vous avez envie de sang, et d’effets spéciaux, je vous conseille fortement cette lecture !  Ici l’ombre s’écrit avec un O majuscule.

Et pour vous appâter un peu plus voici un de mes passages favoris.  

   "La panique, la peur, la surprise n’étaient pas de dociles petites choses dont on parvenait à se défaire, malgré des siècles d’endurcissement. La surprise surtout constituait une ennemie redoutable. Elle ne s’affrontait pas. Elle se subissait."

Voyage en Arcturus de David Lindsay



Ce livre est bien un des plus étranges que j'ai lu. Je ne saurais même pas dire si je l'ai aimé ou non. Alors j'ai cherché à savoir pourquoi je n'arrivais pas à avoir un avis. J'en ai déduis qu'en fait je m'étais trompée.

Tout d'abord ce roman n'est pas à proprement parler un roman. Il s'agit plus d'une histoire qui a servie à l'auteur d'expérimentation. Une sorte d'essai littéraire.
Cette expérimentation est fortement visible par exemple, et sans dévoiler l'intrigue dont je reparlerais plus tard, sur la façon de faire passer au lecteur une invention totalement abstraite.

L'auteur propose par exemple de nouvelles couleurs qui n'existent pas dans notre réalité. Pour les décrire il se sert d'un procédé plutôt intéressant utilisé en poésie par exemple, qui consiste à faire assimiler les dites couleurs à des émotions. Ce n'est pas nouveau, je pense toutefois que cela l'était à l'époque où ce livre a été écrit, du moins en littérature SFFF.

Deuxième exemple que j'avais abordé lors d'un sujet sur la mare aux nénuphars, le troisième sexe. Il s'agit tout simplement de la présentation d'un personnage qui n'est ni masculin, ni féminin mais tout simplement d'un autre sexe inconnu.

Bon là pour tout dire j'ai trouvé la façon dont l'auteur force un peu la main du lecteur discutable. Il impose deux pronoms pour désigner ce dit personnage. L'assène en deux phrases ensuite plus la peine d'en parler, l'auteur l'écrit c'est comme ça et tant pis pour son pauvre lecteur...

Mais malgré tout je pense que c'est vraiment un livre à lire. Au moins pour en avoir fait l'expérience. Quant à l'intrigue en elle-même, je vous avoue que je n'ai pas tout compris. On a un peu l'impression d'avoir traversé un rêve dont les bribes qui subsistent au réveil ne s'imbriquent plus aussi bien qu'on en a eu l'impression dans notre sommeil.

De plus le récit est construit de façon, plutôt rigide. Le personnage arrive dans un endroit inconnu fait connaissance avec les peuples autochtones vit avec eux rentre en conflit et finit par se tourner vers un autre peuple avec qui il recommence... Ce qui est un peu lassant.

Bref, si vous êtes adeptes de l'expérimentation littéraire n'hésitez pas, foncez ! Par contre je n'engage aucune responsabilité quant à la déception que vous aurez peut-être, et si ce livre finit par vous charmer je ne doute pas que vous crierez au monde entier que tout cela c'est grâce à moi !

Les chroniques des Crépusculaires de Mathieu Gaborit





J’ai toujours adoré les bouquins dont l’univers est extrêmement soigné. D’autant plus lorsque l’on sent à travers l’intrigue comme la façon d’écrire, la personnalité de l’auteur.

Voici donc les raisons générales pour lesquelles j’ai adoré ce roman qui a de plus la grande qualité d’être édité en un seul tome, ce qui est très reposant pour nos bibliothèques envahies de « multilogies ».



Mais pour vous en dire un peu plus qu’un simple « J’adore ! » je voudrais m’attarder un peu sur la façon dont Mathieu Gaborit aborde chaque facette de son roman. Que cela soient les personnages, l’intrigue principale, les intrigues secondaires aucun aspect de tout cela n’est traité avec la moindre once de manichéisme. Et ça fait un bien fou.


De plus, j’ai été totalement séduite par l’exploration approfondie des divers systèmes de magie ainsi que par l’imagination dont à fait preuve l’auteur quant à sa mise en action.
Bien sûr que les esprits chagrins, me diront que l’auteur n’a rien inventé, et que l’utilisation de « familier » comme par exemple d’une épée communiquant avec le combattant par télépathie n’a rien de révolutionnaire. Oui je le sais, mais j’ai trouvé tout cela traité avec une telle simplicité et un tel naturel que j’en ai oublié les autres romans de ce genre.


Ainsi comme vous pourrez vous en douter, je vous conseille vivement de partir à la rencontre des danseurs et de Pénombre… Cette lecture vaut le coup !

La Tour sombre de Stephen King

Le western n'est pas mort !

Je sais très bien que le titre de cet article va en effrayer plus d'un. Tant pis pour eux il ne faut jamais se fier aux étiquettes que l'on colle sur les choses, même quand c'est moi qui les écrit.
Bon allez je suis un peu sévère, même moi je me serais laissée prendre et j'aurais d'un clic évité de lire un article qui parle de western.

Déjà parce que, désolée pour les fans, j'ai jamais pu supporter le western. Ça m'ennuyait profondément je préférais encore les Péplum où on discutait bizarrement d'huître et d'escargot... 

Au souvenir du générique de la dernière séance, un bâillement m'assaille et la culpabilité aussi. Parce que je sais qu'au fond c'est peut-être pas si mal les histoires de cowboys. Mais que voulez-vous je suis un peu cagole dès fois, et tout ce que j'aime aujourd'hui dans les westerns c'est la musique larmoyante d' « Il était une fois dans l'ouest ».
Honte à moi !

Et donc je me suis fait surprendre sur ce plan par Stephen King, il m'a fait aimer le western. Ou du moins son western à lui. Celui où Roland le pistolero prend facilement dans mon imagination les traits de Vigo Mortensen (ah Vigooooo !)...

Mais après avoir été séduite par le sombre pistolero, je me suis quand même intéressée à la lecture. Bah oui Stephen, toutes tes lectrices ne sont pas que des jeunes en mal de frissons.
Bon pour tout vous dire La Tour Sombre est malheureusement une saga découpée en de nombreux tomes. Le premier à de quoi au départ rebuter le plus affranchi des lecteurs. Franchement débuter un bouquin au milieu d'un désert dans la peau d'un pistolero (c'est quoi un pistolero ?) qui poursuit un homme en noir (pas le coup du mage surpuissant par pitiééééé !) ça fait un peu peur.

Surtout quand on n’aime pas les westerns, mais ça je l'ai déjà dit. Et pourtant si vous saviez....
En fait vous devez savoir, lisez-moi ce premier tome, jusqu'à la fin vraiment et ensuite comme moi vous pourrez vous surprendre à loucher sur la collection des John Wayne de votre père ou de votre grand père.

Vous rencontrerez des monstres quasi lovecraftiens qui posent de drôles de questions, mais aussi un junkie, une espèce de folle furieuse en fauteuil roulant et un enfant. Sans oublier Ote. Parce qu'il ne faut vraiment pas l'oublier Ote.
Ça tire dans tous les coins, et entre la bagarre on ne discute pas on palabre. Il y a aussi Blain le monotrain et tellement d'autres personnages affreux ou attachants à rencontrer et à combattre.

Ce bouquin est le chef d'œuvre de Stephen King. N'hésitez pas à troquer votre vieux « Sac d'os » contre cette saga. Vous ne serez pas déçu.
Tout y est, profondeur des personnages, intrigues dans tous les sens, et surtout les destins de ce « Khâ » qui ne pourra pas vous laisser indemne.