Keachie-dono est une nouvelle Gaslight Fantasy que je suis en train de corriger avant de la faire bêta-lire. Je n'ai pas encore d'appel à textes en vue.
Le pitch :
Une vieille espionne fée vient en aide à la Reine Victoria lorsque le fantôme de feu son époux vient la tourmenter dans sa retraite au château de Windsor.
Correction de la première version en cours.
Le jour enfui est une grosse nouvelle de Fantasy sur le thème du lien familial. Elle est actuellement en pleine phase de bêta-lecture/corrections. Je la destine à Aventures Oniriques et Compagnie.
Le pitch :
Une jeune hermine décide de réaliser le vœux le plus cher de son grand-père. Celui-ci souhaite revivre le Noël de sept ans.
3ème version bêta-lue, corrections pour une 4ème version. en cours
4ème version écrite, en attente de bêta-lecture
Décidément, en ce moment je réfléchis beaucoup sur mon rapport à l'écriture et sur tout un tas de choses qui me servent à construire mes récits.
Aujourd'hui, je vais vous parler d'une "théorie" plutôt très simpliste mais qui trouve des applications dans ma façon de gérer ses personnages.
Ainsi, donc : le chemin de moindre résistance.
Il s'agit d'une vision un brin philosophique qui voudrait que l'homme emprunte toujours le chemin de moindre résistance. Alors dis comme ça, on dirait bien que je suis en train de vous traiter de grosse feignasse. Mais en fait, non. Ou pas tout à fait.
Un chemin de moindre résistance peut se définir par le choix que l'on fait de faire du sport plutôt que d'avoir à affronter les regards des autres sur nos bourrelets. Mais il peut-être aussi le choix, selon les individus, d'affronter le regard des autres sur ses bourrelets plutôt que de faire du sport.
Quoique nous sommes bien d'accord, le sport n'est pas la solution à tous les bourrelets. Il s'agit là d'un exemple très basique pour imager cette théorie.
Ainsi, il est ici question des choix personnels que l'on fait afin d'avancer dans la vie. Et là où la magie de l'écriture intervient, c'est que cette théorie est, selon moi, applicable à nos personnages ; et peut d'ailleurs servir de "guide" (le mot est un peu fort) pour éviter de se planter en beauté.
Je vais donc d'abord parler du problème que ce chemin de moindre résistance peut induire au cours de l'écriture.
Imaginons, un auteur type en train d'écrire. Celui-ci tape sur son clavier frénétiquement, la scène-clef arrive, son chevalier va enfin avoir un choix crucial à faire. Le tournant de l'histoire est à portée de sec, c'est génial !
Mais voilà, l'auteur compte bien faire affronter un dragon à son chevalier. Il se trouve que le chevalier est un vieux de la vieille, il a eu son lot de compagnons à enterrer suite à nombre de rencontres contre des créatures toutes plus bad-ass que les autres et en plus il n'est pas du genre à tendre l'autre joue quand quelqu'un le frappe.
Voilà notre chevalier devant deux panonceaux de bois gravés au feu. L'un le dirige vers le château de Dragonosor et l'autre vers le marais du Sage.
L'auteur frémit, il engage son chevalier sur le chemin du château et là... c'est le drame. Son personnage s'arrête pour contempler le paysage, se pose mille et une questions sur le métier de chevalier et rallonge le moment fatidique où il arrivera au château.
L'auteur interloqué écrit et réécrit la scène.
"Du courage, que diable ! Tu dois affronter ce dragon !"
Et le chevalier de lui répondre par un joli bras d'honneur ponctué d'un :
"M'en fous, j'irai pas !"
C'est là que deux points de vue s'affronte : celui de l'auteur qui veut avancer dans son intrigue parce que pour lui le chemin de moindre résistance consiste à finir son putain de récit comme il l'entend. Et celui du chevalier, créé par l'auteur, caractérisé de telle sorte que jamais, Ô grand jamais, il n'ira finir sa vie entre les crocs d'un dragon. (Faut pas déconner, tous ses potes sont morts comme ça !)
Vous me voyez venir avec mes grands sabots ?
On y est donc. Voilà, la raison principale pour laquelle, selon moi, il est préférable de caractériser ses personnages de telle façon que leurs choix soient pour eux le chemin de moindre résistance.
Je ne dis pas qu'il faut en en faire des mary sue, pas du tout !
Il s'agit simplement d'être au courant que les choix des personnages leur appartiennent.
Et comme il se trouve que l'on est quand même à l'origine de ses personnages, ses choix se définissent par le travail que l'on fera sur leur caractérisation morale/mentale/physique. Par contre, si l'on impose son propre chemin de moindre résistance à ses personnages, c'est là que ça risque de bloquer.
Pour l'exemple du chevalier, il me semble plus simple de travailler sur sa caractérisation. Et surtout, plus viable pour le récit.
Parce que c'est là que le bât blesse : quand on impose quelque chose de contre-nature à son personnage, on se retrouve souvent avec des remarques de bêta-lecture du genre :
"Je ne trouve pas l'attitude de ton personnage très cohérente, c'est un chevalier bourru et il étudie le paysage jusqu'à la moindre petite fleur ?"
Remarque qui ne tient pas réellement au fait que le chevalier puisse s'émouvoir d'une pâquerette, mais plus au fait qu'il a été forcé sur un chemin qui ne lui appartient pas.
Personnellement, c'est en bloquant sur une de mes scènes que j'ai compris cela. En gros, je faisais s'affronter deux volontés. La mienne (celle de l'auteur qui veut en finir) et celle du personnage. J'ai détesté ce personnage, j'ai failli le rayer de mon récit puis j'ai fait une pause et je l'ai réétudié tel que je l'avais créé.
Pourquoi ne voulait-il pas tuer quelqu'un alors que dans mon scenario tout allait dans ce sens ? Qu'avais-je fait de mal ? Peut-être devais-je revoir mon récit dans sa totalité ? Ou même l'abandonner ?
Surtout que je ne comprenais pas les remarques sur son manque de cohérence, tous les éléments étaient là pour que tout se passe comme je l'avais planifié.
Sauf que j'avais oublié que j'avais caractérisé mon personnage de telle façon à ce que, pour lui, le chemin de moindre résistance soit de laisser la vie à son ennemi.
Une nouvelle fiche de lecture d'un livre que j'ai terminé il y a déjà quelques mois. J'avais besoin de ce temps-là pour réfléchir à ce qu'il m'en restait. La lecture n'a pas été aisée, non par le fait que ce soit mauvais, mais plus par la façon dont l'antisémitisme et le racisme en général est abordé. Il y a vraiment des passages qui m'ont fait sauter au plafond, qui m'ont donné envie de refermer le livre tellement j'ai haï le personnage principal. Mais finalement, c'est une lecture qui m'a fait du bien.
Titre : Le cimetière de Prague
Auteur : Umberto Eco
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 560 pages
Quatrième de couverture :
De Turin et Palerme à Paris, nous croisons des hystériques, des
satanistes, des escrocs, un abbé qui meurt deux fois, des cadavres dans
un égout, des jésuites complotant contre des francs-maçons, des
confraternités diaboliques et des carbonari étranglant des prêtres. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la fabrication des Protocoles des sages de Sion. Nous prenons part à des conspirations, aux massacres de la Commune à des messes noires...
A lire absolument si on aime :
- Les récits à fond historique
- Ne pas être certain de tout comprendre au fil du récit
- Les intrigues politiques
A éviter si on cherche :
- Un récit clair, où l'on a pas besoin de réfléchir
- Une lecture légère
L'avis du critique :
Si j'ai ouvert ce livre c'est sur les conseils d'une amie qui me l'a "vendu" en me disant : "Tu vas voir c'est une façon habile de faire de l'uchronie." Le fait est que j'ai mis pas mal de temps à comprendre où elle voulait en venir. Finalement, pour moi, ce n'est pas vraiment une uchronie. Si ce n'est le fait que le personnage principal devient l'acteur de nombreux tournants historiques dont les dates ont été un brin décalées.
Est-ce que j'ai aimé ce livre ? Oui. Le personnage est vraiment intéressant, l'histoire est parfois floue, le conflit personnel du personnage principal s'emmêle avec les intrigues politiques. Pour le coup, il y a un vrai travail sur ce côté là.
Mais pour les mêmes raisons, j'ai eu plusieurs fois envie de jeter ce livre par la fenêtre. Les opinions et propos du personnage principal sont d'une violence rare. Cela a été parfois, pour moi, dur de faire face à son état d'esprit. Il m'est arrivé de refermer ce livre comme on peut claquer la porte au nez de quelqu'un que l'on ne supporte plus d'entendre.
Le petit plus du livre : Je pense que le petit plus du livre tient dans le fait qu'Umberto Eco n'économise rien à ses lecteurs. Lorsqu'on lit ce roman, il faut vraiment réfléchir par soi-même, désembrouiller soi-même certaines intrigues. Et le fait est, qu'aujourd'hui encore, il me fait réfléchir.
Voici un nouveau libellé pour rassembler tous les sites et documents liés à l'écriture (où tournant autour du thème).
J'aurais pu tout mettre dans une liste de liens sur le côté de mon blog, mais je sens que ça va très vite se remplir...
Et pour commencer, ce matin je suis tombée sur un Tumblr vraiment sympa, qui illustre, avec humour et simplicité, les différents clichés que l'on rencontre dans beaucoup de productions américaines.
Pour aller y faire un tour, c'est par là :
http://allanbarte.tumblr.com/
Lorsque, comme moi, on tente d'écrire au mieux des histoires intéressantes et cohérentes, on en vient très vite à s'intéresser aux différentes théories sur l'écriture.
Et lorsque, comme moi, on a la chance d'avoir un compagnon qui nous pousse à aller toujours plus loin dans cette réflexion, on finit par écrire un article sur son blog. (Quoique le compagnon puisse être "remplacé" par une très bonne copine, ou un animal familier ou tout simplement une plante verte extrêmement perspicace, chacun son truc.)
Ainsi, si il y a une chose sur laquelle je m'appuie le plus possible pour écrire des textes pas trop pourris, c'est bien la cohérence d'univers. Il m'arrive donc de passer beaucoup de temps à chercher les détails historiques ou scientifiques concernant l'univers du texte dans lequel je suis plongée.
Et comme je lis aussi beaucoup de textes - déjà publiés ou tout simplement en maturation - il m'arrive souvent de m'émerveiller ou de grincer des dents sur la cohérence des univers qui me sont proposés. D'autre fois, par contre, l'univers est tellement documenté qu'il ne me laisse aucune place en tant que lectrice.
J'ai longtemps cherché la différence entre les deux types de texte, jusqu'à ce que j'en discute avec ma moitié et qu'il trouve la formule miracle :
"Il y a le "Show, don't tell" mais aussi le "Know don't tell"
Cette idée de "Know, don't tell" je l'utilise depuis longtemps. Quand il est question pour moi d'écrire - comme en ce moment - un texte ayant pour cadre la première guerre mondiale, je dois faire face à mon manque de culture concernant le sujet.
Je vais donc, tout naturellement, me renseigner sur une multitude de sites à propos de la vie du poilu, de son paquetage et de l'arme qu'il utilise.
Mais comme mon but n'est pas d'écrire un exposé mais, bel et bien, une histoire, je ne dois pas non plus partir sur les mesures exactes d'une tranchée et sur la composition chimique exacte de la boue (sauf dans un certain cadre peut-être, et encore.)
Le but est surtout de faire connaissance avec le contexte dans lequel se situera mon texte, de m'en imprégner et d'ensuite fermer mes pages internet sans prendre de notes.
Parce que, et c'est là qu'intervient le "know don't tell", si j'ai lu et que je sais, maintenant, de quoi se constituait une journée type pour un poilu, ces informations ne sont finalement que secondaires.
Ce qui compte c'est que je sache, moi en tant qu'auteur, où je me situe mais pas que le lecteur est l'impression, en me lisant, d'ouvrir son manuel d'histoire de 4ème.
Alors, à ce moment-là, me direz-vous, à quoi bon savoir si tu ne t'en sers pas ? Le fait est que si je ne me sers des informations exactes, elles vont pourtant être présentes pour animer mon texte et enrichir mon univers.
Exemple ?
Ce matin j'ai vu une photo d'une lanterne de tranchée avec une explication détaillée de son fonctionnement. Cela, maintenant, je le sais.
Est-ce que je vais rester dans le scolaire et décider que le lecteur doit, lui aussi, tout savoir ? Ou est-ce que je vais décider de ne conserver que ce qui m'a interpellé dans cette lanterne ? C'est-à-dire, sa forme triangulaire ?
Est-ce qu'il sera plus enrichissant pour mon univers d'expliquer comment on plaçait la mèche, puis l'huile de combustion dedans que de simplement évoquer sa forme caractéristique ?
Ceci, toutefois n'est qu'un détail qui interviendra au niveau descriptif. Là, où le "Know don't tell" devient plus profond est quand il touche carrément à l'attitude de ses personnages devant une situation donnée.
Pour cela je vais donner un autre exemple. Alors que je réfléchissais sur l'univers d'un de mes projets de roman (où l'on retrouve des fées, des gargouilles et une cathédrale) mon compagnon m'a posé une question super incongrue, que j'ai tout d'abord jugée comme étant totalement hors-sujet :
"Et si les militaires se rendent compte de l'existence de tes fées que va-t-il se passer ?"
Attendu que mes fées ne côtoient mes humains que d'une façon plutôt étrange, cette interrogation m'a tout d'abord semblé totalement inutile.
J'ai donc haussé les épaules, et continué d'écrire. Jusqu'à ce que je me rende compte qu'ayant été posée, cette question avait finalement solidifié la cohérence de mon univers.
Certes, il n'est jamais question de militaires humains dans mon roman. Et mes fées ne sont pas bien au courant de ce que peut être un militaire humain. N'empêche que si elles se faisaient découvrir, elles se retrouveraient devant des problématiques auquel leur "dieu" (c'est-à-dire moi, je les ai créé non ?) n'a même pas réfléchi !
Il est bien possible que tout leur univers s'effondre. Et si leur "dieu" n'a pas réfléchi à ces éventualités, comment peut-il être certain de réellement contrôler leur destin au mieux ?
Ainsi j'ai fini par décider de savoir ce qu'il arriverait si les militaires découvraient l'existence de mes fées. Est-ce que je l'évoque ne serait-ce qu'une fois ? Jamais : ce n'est pas le sujet de mon roman. Toutefois, le fait de le savoir m'aide à solidifier la cohérence de mon univers.
Est-ce qu'il est important que vos lecteurs sachent dans quel tissu la chemise de votre héros a été fabriquée ? Non, pas forcement.
Est-ce que, vous, vous devez le savoir ? Pour moi, la réponse est oui.
J'avais oublié que les PaL pouvaient réserver de mauvaises surprises. Maintenant c'est bon, je m'en rappelle. Bon je suis à la fois contente d'avoir éliminé ce titre de ma liste, d'avoir enfin lu un épisode de James Bond et de pouvoir vite, vite, très vite, repartir sur une prochaine lecture qui ne pourra que m'enthousiasmer vu ce que je viens de lire et de vivre. Une chose est claire, un épisode de James Bond m'aura suffit, je ne renouvellerai pas l'expérience...
Titre : L'homme au pistolet d'or
Auteur : Ian Fleming
Editeur : Plon
Nombre de pages : 320 pages
Quatrième de couverture :
Amnésique et laissé pour mort par son service, James Bond tente de
retrouver la trace de son passé. C'est dans cet état que les services
secret Russes lui mettent la main dessus . Conscients de l'opportunité
présente, ils lui font passer plusieurs lavages de cerveau et le
"rééduque" dans le but d'éliminer M. 007 refait donc surface à Londres,
mais il échoue à tuer son ancien chef. Après un traitement destiné à le
faire redevenir lui-même, il réintègre le MI6, et on lui offre une
chance de se racheter : il doit trouver et tuer Francisco « Pistol »
Scaramanga en Jamaïque. Tireur d'élite travaillant pour Cuba, il est
connu pour son Colt .45 plaqué or et le fait qu'il ne rate jamais se
cible. M sait que quelle que soit l'issue de cette mission, le service y
gagne : soit 007 réussit sa mission, la preuve qu'il serait bel et bien
de retour, soit l'homme au pistolet d'or le tue en premier, ce qui
résoudra de façon définitive le cas James Bond...
A lire absolument si on aime :
- La Jamaïque
- Les héros misogynes
- Les deus ex machina
A éviter si on cherche :
- Un récit bien ficelé
- Des héroïnes fortes
L'avis du critique :
Je n'avais encore jamais lu aucun James Bond même si je pense avoir vu quasi tous les films. En l'ouvrant, je ne m'attendais pas au roman du siècle, mais au moins à un récit plutôt divertissant, pas prise de tête (mais vieillot quand même), bien ficelé, et facile à lire.
ATTENTION SPOILERS *tada-dada-dadadaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa*
Pour le côté divertissant, j'ai plutôt apprécié l'entame où l'on découvre un James Bond victime d'un lavage de cerveau et en même temps beaucoup des rouages des services secrets.
Passée ces pages, j'ai commencé à me rendre compte que les péripéties arrivaient un peu toutes comme un cheveu sur la soupe.
Dois-je parler de la rencontre fortuite entre James Bond et le vilain méchant pas beau, de la providence qui sauve James Bond alors que si on ne nous l'avait pas précisé, finalement cela passait plutôt sans gros dégâts ? Est-ce que vraiment quand on est au bord de la mort (ou pas), touché au poumon par une balle, assis en pleine jungle marécageuse, on s'en prend a un boa de 1 mètres 50 qu'on décapite pour finir par manger sa chair crue ? Et est-ce que vraiment on en propose à son ennemi qui vient de vous trouer la peau ?
FIN DES SPOILERS
En résumé, je n'ai pas du tout accroché, ni aux personnages, ni à l'écriture, ni à l'intrigue. Je ne dois pas être le bon public pour ça.
Le petit plus du livre : Le nom du méchant, Scaramanga. Je n'ai pas réussi à me défaire d'une image manga de Scarface. C'était épique !