C'était demain de Karl Alexander



Quand j’ai vu la couverture vraiment intrigante de ce livre, j’ai lu sa quatrième de couverture. Après l’avoir lu, j’ai ajouté ce roman à ma pile à lire sans plus attendre. Ce que j’y avais découvert me promettait plein de belles choses…
D’ailleurs la quatrième de couverture, la voici :

En 1893, à Londres, HG Wells est sur le point de montrer à son cercle d'amis la dernière de ses inventions. Un peu plus tôt dans la soirée, un crime sanguinaire est une fois de plus commis sur une prostituée. Jack l'Éventreur a encore frappé. Alors que la soirée chez Wells tire à sa fin, le savant, à même de révéler le fruit de ses travaux, est dérangé par les agents de Scotland Yard qui se présentent à sa porte. Ils sont venus pour venir arrêter Leslie John Stephenson, l'un de ses invités. Celui-ci étant introuvable, Wells comprend alors qu'il n'a pu disparaître qu'à bord de l'invention qu'il allait montrer, la machine à voyager dans le temps. Il n'a d'autre choix que de se rendre lui-même à l'époque où s'est rendu Leslie John Stephenson, alias Jack l'Éventreur, pour le ramener en 1893. Il se retrouve alors en 1979, à San Francisco dans un futur qui l'émerveille à chaque coin de rue...

Autant vous le dire tout de suite, j’ai été plutôt déçue par ce roman. Roman qui s’est fait connaître grâce au film du même nom. Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de ce film. Donc je me suis lancée dans ma lecture avec un a priori plutôt positif quant à l’univers qu’il me promettait.

Ma déception vient du fait que j’ai attendu quelque chose tout le long du récit, et que cette chose n’est jamais arrivée. J’espérais une écriture flamboyante, une petite pointe d’humour bien britannique, du dépaysement et de la surprise.
De fait, je n’ai pas été touchée par le style de l’auteur, les pointes d’humour anglais sont bien là, mais ne m’ont pas suffisamment marquée pour me rester en tête ; le dépaysement m’a semblé un peu fade ; la surprise pas au rendez-vous.

Sincèrement, j’ai refermé ce livre avec une petite amertume envers l’auteur. J’attendais tellement mieux et du coup ma déception est à l’aune de mon attente non assouvie.

La stratégie Ender d'Orson Scott Card





Je dois bien l’avouer : avant même d’ouvrir ce premier tome du Cycle d’Ender, je pensais me retrouver dans de la vieille SF qui aurait mal vieillie.
Deuxième aveu : je suis une sacrée imbécile !
Je sais bien que ce cycle est un classique, que j’aurais dû le lire depuis longtemps, mais voilà mes a priori me faisaient toujours reculer.
J’ai finalement pris mon courage à deux mains et autant vous le dire au bout de cinq pages je commençais à lire fébrilement, dans l’attente de la suite. Et ça, c’est un bon signe chez moi. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce premier tome, je vous mets ici la quatrième de couverture.

Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace.
Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers - Tous des surdoués, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé a devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations supérieurs depuis sa naissance... Et cela le dépasse.
Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. Et Ender n'a que six ans.
 

Autant vous dire que je me suis mangée une claque monumentale avec ce livre. Et ce n’est rien de le dire. Je ne peux rien vous dire, parce que vraiment la lecture vaut le coup. Ce roman fait déjà partie de cette liste de romans que je relis jusqu’à en user la tranche.
Tout y est, l’introspection, la caractérisation des personnages, l’action, le décor, l’intrigue, le message… Pour moi, c’est un coup de cœur monumental. Vraiment, oubliez tout ce que vous pensiez connaître des sagas de SF. Allez-y (pas les yeux fermés, parce que sinon vous ne pourrez plus lire) sans vous poser de question.
Je suis certaine que même si vous n’appréciez pas la SF, vous y trouverez de quoi vous régaler. Personnellement, c’est un livre que je mettrais sur la PaL de mes belles-filles adolescentes sans problème. Et même sur celles de tous ceux et celles qui me demanderont un bon bouquin à lire.

Sans âme de Gail Carriger



L’année dernière, je m’insurgeais – oui, Madame ! – d’avoir lu l’histoire de vampires la plus molle de ma vie de lectrice. Et je faisais remarquer qu’il devait bien exister, en dehors d’Anne Rice, des auteurs contemporains capables d’écrire sur nos amis à dents pointues sans en faire une verrine à la mélasse et à la barbapapa…

Aujourd’hui, je peux le dire : ça existe ! Alors je le dis, merci Gail Carriger d’avoir écrit Sans âme, premier tome du Protectorat de l’Ombrelle. Un roman qui annonce la couleur dès la couverture pour ceux qui ont un peu de second degré, et je suis certaine que vous en avez, puisque le titre s’étale en lettres d’un rose bonbon à faire pâlir les graphistes bûchant sur les couvertures des Harlequins. Vous voulez en savoir plus ? Alors voici la quatrième de couverture.

Primo, elle n'a pas d'âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté !
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon - beau et compliqué, écossais et loup-garou - est envoyé par la reine Victoria pour démêler l'affaire.
Des vampires indésirables s'en mêlent, d'autres disparaissent, et tout le monde pense qu'Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne ?


Encore une fois, je vais faire ma pénible, mais cette quatrième de couverture n’est pas à la hauteur de l’humour qu’on retrouve dans le roman, et ce, dès la première page. Ce que ne vous dit pas ce texte de présentation c’est que l’héroïne Alexia Tarabotti est une vieille fille peu avenante d’après les canons de l’époque victorienne. Qu’elle a un caractère des plus trempés et une répartie à tomber par terre.
Le duo Lord Maccon / Alexia est également à tomber. L’intrigue n’est pas en reste, sans être révolutionnaire, je l’accorde.

Les décors n’ont rien d’un vulgaire carton-pâte, on est vraiment entraîné dans une Angleterre victorienne avec tout ce qu’elle a de charmant et d’excitant. Bref, vous l’aurez compris : total coup de cœur pour moi. Oubliez les vampires aux dents molles, allez un peu vous promener sous l’ombrelle de Gail Carriger.

Incarceron de Catherine Fisher




J’annonce ici un de mes coups de cœur jeunesse de début d’année. D’ailleurs, vous allez vite le comprendre, j’ai eu plusieurs coups de cœur dans mes dernières lectures.
Ce qui est très rare parce que je suis plutôt du genre pénible dans mes lectures.
Bref je commence par un classique, la quatrième de couverture.

Finn est prisonnier d'Incarceron, un univers pénitentiaire plein de dangers, de trahisons et de menaces. Il tente par tous les moyens de s'évader.
Claudia, la fille du directeur d'Incarceron, vit à l'Extérieur, dans un royaume figé au XVIIIe siècle. Piégée par une existence qu'elle n'a pas choisie, elle cherche à percer les mystères de la Prison.
Un jour Finn et Claudia trouvent une clé, qui permet à chacun de communiquer avec l'autre. Alors surgit un espoir, la possibilité d'échapper à un destin tout tracé dont ils ne veulent pas.


Alors je le dis tout de suite, mon coup de cœur ne va pas au style de l’auteur. Ça, c’est certain. Pas plus qu’au manque de saveur que laisse présager cette quatrième de couverture.
Ce qui m’a totalement conquise, par contre, c’est l’univers que développe Catherine Fisher. La caractérisation de ses personnages traitée avec une finesse rare. J’aurais vraiment aimé avoir des romans tels que celui-là étant adolescente, quoique j’en ai eu d’autres qui étaient loin d’être des navets.
Toutefois, j’ai vu sur certains sites que le roman était conseillé à partir de neuf ans. Sincèrement, je trouve que c’est trop tôt. Je monterais la limite à 12/13 ans. Pas forcément pour des raisons de violence, mais certains aspects de l'intrigue m’ont semblé assez complexes.

Petit bémol toutefois sur le deuxième tome, nommé Le Cygne noir. J'ai été un peu moins sensible au récit. Sans doute parce que je ne découvrais plus l'univers.

Hunger Games - Tome 1 par Suzanne Collins



Il m’aura fallu un gros mal de dos et une voisine bienveillante pour enfin lire le premier tome des Hunger games de Suzanne Collins nommé La moisson. Et il m’aura fallu pas plus d’une journée pour le lire.

Sans être un coup de cœur pour de nombreuses raisons, comme une fin qui ne m’a pas convaincue, je conseillerai quand même aux lecteurs de ce blog, de se laisser tenter par ce récit.

Pour les connaisseurs, ce livre m’a fortement fait penser au film Battle Royale. Avec le côté background qui pour moi manque à ce film. Pour vous en faire un résumé sans vous en révéler l’issue, il s’agit de l’histoire de Katniss, adolescente survivant sur les restes d’une Amérique en ruines et découpée en district.


Les fameux Hunger Games ont pour règles de lâcher en pâtures vingt-quatre jeunes gens dans une arène où le seul but est d’être le dernier survivant.

Il y a du très bon dans toute cette partie survie. Même si j’ai regretté un léger manque d’ambiance. Mais cela sans doute à cause du fait que le personnage ne peut pas trop se concentrer sur ce qui l’entoure. Son but est de survivre, rien d’autre.


Dans le genre dystopie pour grands ados et jeunes adultes, j’ai trouvé que ce premier tome remplissait vraiment ses promesses. Attention toutefois, il ne s’agit en rien de littérature lisse. Il y a pas mal de violence, le contenu politique, quoique écrit simplement, est quand même bien complexe.


Mais disons, que si vous avez envie de guider l’air de rien votre ou vos ados vers des livres comme 1984, ce roman sera l’outil rêvé pour cela.

En prime, je vous poste ci-dessous le trailer vidéo de ce tome 1. Il a pour moi l’avantage de justement rendre plus présente l’ambiance du récit.  

 

Une fois, n’est pas coutume…

Bonjour à tous et toutes,
Comme je vous l’annonçais il y a peu, je suis en train de remodeler mon tome 1, suivant certaines modifications apportées à mon synopsis. Pour cela j’ai du faire une petite recherche d’images.
Suite à l’impossibilité de trouver une référence photographique qui me conviendrait, j’en ai conclu que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. J’ai donc emprunté une image de l’hôtel de Ville de Clermont-Ferrand, y ai appliqué quelques filtres, un peu de poudre de perlimpinpin et ai enfin trouvé mon bonheur.

Comme je ne suis pas trop égoïste, j’ai décidé de vous montrer le résultat. Alors attention, ce n’est pas fait pour faire beau, mais surtout pour m’aider dans l’écriture de certaines descriptions. Si vous trouvez l’image trop petite, vous pouvez cliquer dessus pour l’agrandir.
Maintenant le plus important :
Voici la source de la photo d’origine et la photo d’origine.
Cette photo a été prise par M. Baptiste Rivière, le 1er septembre 2008.
 

Et pour la peine, j'ai agrémenté chacun de mes articles, de photos. Je trouve que cela rend le blog plus vivant !

Je ne vous poste pas d’extrait aujourd’hui, je me concentre sur la réécriture de mon chapitre 9. Mais très bientôt vous aurez de mes nouvelles !

Texte en ligne : J'ai perdu mon mouchoir



Comme vous le savez, ou pas peut-être, Blogger me permet de savoir les mots tapés dans le moteur de recherche pour atterrir sur mon blog.

Il y a parfois des surprises. Et j’ai décidé d’écrire de courts textes lorsque ces mots clés de recherche m’inspireront.
Juste avant les vacances, j’ai eu la surprise de trouver comme source de trafic la phrase : J’ai perdu mon mouchoir.

Donc en espérant, que celui ou celle qui a tapé cela l’a retrouvé, et pour lui faire un petit clin d'oeil d’avoir pu entrer dans mon blog pour une histoire de mouchoir perdu, j’ai écrit une petite nouvelle sur le sujet.

Voilà, ce que ça donne :



J’ai perdu mon mouchoir



J’ai perdu mon mouchoir, la poche de mon manteau est vide à présent. Je ne le retrouverai pas. Il y a encore quelques heures, il n’avait aucune valeur. Avant que je n’entre dans le bosquet, tout au fond de mon jardin.
C’est assez troublant la façon dont les objets acquièrent une histoire. Ce qui n’était qu’un carré, trois épaisseurs, doux et solide, devient pour moi un regret. Celui de n’y avoir pas prêté attention, alors qu’une fée s’y était mouchée.

Aujourd’hui, nous sommes dimanche. Je dois bien vite retourner chez moi. Dans mes mains, un panier accueille la vingtaine de chanterelles que j’ai cueillies sous la mousse, une poignée de ciboulette et un chou mangé par une limace. Dans deux heures, toute la famille s’attablera autour de mon succulent lapin aux girolles. Je n’aurais pas le temps de proposer un dessert. L’un ou l’autre de mes enfants apportera bien un gâteau alourdi de crème au beurre.

Je repense à la fée et à son chagrin. Je ne sais pas si j’ai réellement su la consoler. Peut-être est-ce elle qui a gardé ce mouchoir. J’espère qu’elle ne s’en servira pas pour me faire du mal. Ce serait injuste. Notre rencontre s’est faite en douceur. Alors que je dégageais un dernier champignon orangé de la mousse, je l’avais trouvé là, sur le sol, prostrée. Je n’avais pas eu d’autres réflexes que de la saluer en murmurant de peur de l’effrayer.

— Bonjour.

Elle n’avait pas répondu. Je me suis mordu la lèvre puis aie tendue mes mains en coupoles pour la saisir. Je ne voulais pas abîmer ses ailes par maladresse. Une fois contre ma peau, elle s’était arrêtée de pleurer.

— Laissez-moi.

Je soupirais. C’était un bon conseil, mais à présent que je la tenais, je ne pouvais plus reculer.

— Pourquoi pleurez-vous ?

— Allez-vous-en.

— Je ne peux pas. Tu es triste et je voudrais te consoler.

Elle avait écarté de son visage de longues mèches rousses et bouclées. Avait planté ses yeux de prune dans les miens.

— Et pourquoi ça ?

— Parce que je n’aime pas que les personnes soient tristes.

La fée s’accroupit et se gratta la plante des pieds. Elle me semblait tellement jeune.

— Et moi, je n’aime pas qu’on se mêle de mes affaires.

Je souris devant son air boudeur.

— Alors, va-t’en.

Elle hoqueta, une grosse larme de nourrisson vint perler au coin de son œil et coula jusqu’à sa bouche.

— J’espérais que vous insisteriez un peu plus. Après tout, vous ne devez pas en croiser tous les jours des fées.

— Je croyais que tu ne voulais pas que je me mêle de tes affaires.

— Oui, mais maintenant c’est trop tard.

Sur ce, elle se remit à pleurer, essuyant la morve qui coulait de son nez du revers du poignet. C’est là que j’avais sorti le mouchoir.

— Tiens ! Je te le prête. Attention, il est mentholé.

Sans hésiter, elle s’en était saisie. J’avais perçu son mouvement de recul devant la forte odeur du bout de papier. Puis elle se moucha bruyamment.

— Alors pourquoi pleures-tu ?

— Parce que rien ne sera jamais plus pareil.

— C’est ainsi à chaque seconde de chaque minute. Aucune ne ressemble à l’autre.

— Je le sais bien. Mais là c’est plus grave.

— Ah ?

— Je viens de manger ma dernière framboise.

Je fronçais les sourcils, mais me reprit vite. Cela semblait d’une grande importance, même si je n’y comprenais pas grand-chose.

— Ah.

Elle leva ses yeux vers moi et sa tristesse s’empara de moi.

— Aujourd’hui je perds un ami que je ne reverrais plus jamais.

— Je comprends, ce n’est jamais facile, mais il sera toujours présent dans ton cœur.

— Paroles de bonne femme ! Comme si un souvenir pouvait suffire.

— Je ne cherche qu’à te consoler.

— Ah oui, très bien. Console-moi de mes matinées à me dorer la peau sur les héliotropes. Des compétitions de looping avec mes amis hannetons. Aujourd’hui, je ne sens plus que le parfum des tilleuls, les noisettes sont presque mûres tout cela est fini.

— L’an prochain, cela recommencera. L’été revient toujours.

— Mais pas celui-là. Ce ne sera qu’un lointain cousin. Tous mes plaisirs s’affadiront, je devrais en trouver d’autres qui s’affadiront eux aussi, jusqu'à ce que je n’ai plus le courage d’en chercher d’autres.

— L’automne arrive. Tu verras c’est beau aussi.

— Lui aussi prendra fin, alors à quoi bon.

— Tu pourrais apprendre aux autres ce que tu as aimé.

— Et mon bonheur à moi ?

— Tu le trouveras dans leurs yeux.

— C’est très cruel.

— C’est la vie.

Elle s’était alors relevée, reniflant une dernière fois. Un sourire fendit son beau visage.

— Je suis encore triste, mais tu as bien réussi à me consoler. As-tu ressenti les mêmes choses toi aussi ?

— Moi je ne suis qu’une humaine. On ne fait pas attention sur l’instant à tout ce que l’on perd. Mais oui, je ressens cela aussi.

— Qu’est-ce que tu regrettes le plus ?

— La première fois où j’ai goûté à la recette de ma grand-mère. Le lapin aux girolles.

— Oh ! Je vois. Et qu’as-tu fait pour y remédier ?

— J’en cuisine chaque dimanche, pour mes enfants, et mes petits-enfants.

— Tu les as prévenus ?

— De quoi ?

— De toute la tristesse qu’ils allaient avoir quand tu ne serais plus là pour leur en cuisiner ?

— Non, je me suis contentée de leur donner à chacun la recette.

— C’est une bonne solution.

— D’ailleurs, il faut vraiment que j’y aille. Sinon, je n’aurais pas le temps de le leur cuisiner aujourd’hui.

— Merci à toi.

— Ne désespère pas trop.

— Promis.

Je suis alors rentrée. À l’instant, le lapin mijote dans la cocotte que je viens de glisser dans le four. Au salon, les enfants sirotent un verre de crémant en surveillant leur progéniture qui se gave de biscuits salés. Je repense à ma grand-mère, à mon enfance, à mon premier repas du dimanche. Au mouchoir aussi.

Le four sonne assez vite, tout le monde se met à table avant que je n’en aie donné l’ordre. Ma fille aînée vient m’aider à apporter tous les plats. Je soulève le couvercle de la cocotte. L’odeur est fabuleuse. Je sers tout le monde puis commence à manger. Lorsque je relève la tête, j’aperçois le jardin par la fenêtre. Quelques feuilles viennent déjà recouvrir la pelouse. Au moment de me concentrer sur la question que mon gendre vient de me poser, un mouvement au bas de la vitre attire mon attention. Elle est là, la petite fée. Elle s’est taillé une robe dans mon mouchoir. On dirait une petite mariée. Elle me sourit et souffle sur la vitre. Un nuage de buée se forme, elle y dessine un rond puis deux points à l’intérieur. Pour finir, elle fend le tout d’une grande virgule en guise de sourire, puis sans un regard s’envole pour son premier automne.